Le dernier rapport de l’ONUSIDA montre que la lutte contre le sida progresse chaque année et que nous nous rapprochons de l’objectif : contrôler l’épidémie de VIH/SIDA. Cependant la communauté internationale à encore d’importants défis à relever.

Prévention

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© The Global Fund / John Rae

Avec 2.3 millions de contaminations en 2012, le nombre de nouvelles infections à VIH reste important mais continue de diminuer. Pour certains pays, cette baisse sur les dix dernières années fut même très importante : jusqu’à 50% pour presque une trentaine de pays en développement et de 25 à 49% pour une vingtaine d’autres.

A ce jour le Fonds mondial a permis la distribution d’un traitement préventif contre la transmission mère-enfant du VIH à 2.1 millions de femmes enceintes séropositives.

Si ces chiffre globaux sont encourageants, la prévention reste toutefois un défi majeur notamment dans les régions où l’indice de prévalence continue au contraire d’augmenter, comme par exemple la région du Moyen Orient et de l’Afrique du Nord ou encore l’Europe Centrale et de l’Est où l’épidémie est concentrée et où il est très difficile d’atteindre les populations les plus à risques comme, par exemple, les usagers de drogue.

Traitements

D’après les dernières estimations d’ONUSIDA, 9,7 millions le nombre de personnes ont accès aux traitements dans les pays à faibles et moyens revenus fin 2012 – soit une augmentation d’environ 63% depuis 2009. 10 d’entre eux ont réussi à mettre en place un accès universel sur leur territoire dont le Cambodge, le Rwanda, le Swaziland, la Zambie et la Namibie – on parle d’accès universel aux traitements lorsque l’accès aux traitements dans un pays donné, couvre au moins 80% des personnes en ayant besoin. 1,6 millions de nouveaux patients ont été mis sous traitement pour la seule année 2012.

Le Fonds mondial a permis la mise sous traitements antirétroviraux d’un total de 5.3 millions de personnes depuis sa création, soit plus de 50% du nombre total de personnes qui ont accès aux traitements.

Défis

Parmi les avancées scientifiques récentes, on sait désormais que la mise sous traitements le plus tôt possible permet de sauver beaucoup plus de vies. En juin 2013, l’OMS recommandait une mise sous traitement antirétroviraux plus précoce des personnes vivant avec le VIH (dès que la numération des CD4 devient chez eux inférieure à 500 cellules/mm3 [1]) ainsi qu’un élargissement à tous les enfants vivant avec le VIH de moins de 5 ans, toutes les femmes enceintes séropositives et tous les partenaires séropositifs d’un couple où l’une des deux personnes ne vit pas avec le VIH. Ce ne sont donc plus 13 millions mais 26 millions de personnes à qui il faut garantir un accès aux traitements antirétroviraux ce qui rend encore plus urgent le besoin de financements.

Des technologies permettent maintenant de détecter et différencier rapidement les types de virus et notamment les souches résistantes. Cependant ces technologies, ainsi que les traitements de secondes lignes nécessaires en cas de résistance, sont très couteux et pose une fois de plus la question des ressources disponibles en contexte de précarité. Ces enjeux montrent une fois encore le besoin de solidarité internationale.

Par ailleurs, le défi de l’accès à la prévention et aux traitements est étroitement lié à la question des droits de l’homme. Dans bien des cas, les politiques répressives à l’encontre de groupes vulnérables (usagers de drogues, travailleuses du sexe, hommes ayant des relations avec les hommes) amènent ces personnes à se cacher et à se tenir à l’écart des centres d’informations et de soins, souvent de peur d’être dénoncés, rendant ainsi extrêmement difficile la connaissance et la gestion de l’épidémie. D’autre part, les femmes, les jeunes filles et les enfants restent encore trop souvent les parents pauvres de l’accès aux soins. Conséquence des inégalités hommes-femmes toujours extrêmement importantes dans le monde, les femmes et les jeunes filles restent plus vulnérables aux risques de contamination par le VIH – d’après les chiffres de l’ONUSIDA, le taux d’infection est 2 fois plus élevé chez les femmes de 15 à 24 ans que chez les hommes du même âge[2]. Confrontées à de très grandes difficultés pour accéder à l’information sur la sexualité et aux moyens de prévention, de nombreuses femmes et jeunes filles dans le monde ne peuvent toujours pas faire valoir leurs droits à la santé et exprimer leurs choix en termes de santé sexuelle et reproductive. Celles qui vivent avec le VIH ont également le plus grand mal à accéder aux services et soutien dont elles devraient bénéficier. Enfin, la transmission verticale reste de loin le principale mode de contamination des enfants de moins de 15 ans. Ces derniers se trouvent ainsi eux-mêmes victimes de cette discrimination de genre.

En savoir plus :

Le Fonds mondial et le VIH/sida

Dernières publications de l’ONUSIDA

L’OMS et le VIH/Sida – dernières recommandations et stratégie

Communiqué de presse de l’OMS – Nouvelles recommandations en matière de VIH

Communication de l’ONUSIDA – Faire entendre la voix des femmes et des jeunes filles séropositives au VIH

 

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