Depuis la découverte du virus du sida au début des années 80, 35,4 millions de personnes sont mortes du sida et aujourd’hui 36,9 millions de personnes dans le monde vivent avec le VIH.

Au cours des vingt dernières années des progrès remarquables ont été réalisés, permettant d’envisager d’ici 2030 un monde dans lequel cette maladie ne constituerait plus une menace de santé publique. L’atteinte d’un tel objectif n’est envisageable qu’en accroissant les efforts programmatiques, financiers et scientifiques qui permettront aux personnes qui en ont besoin d’accéder aux moyens de prévention et de diagnostic ainsi qu’aux traitements et aux soins appropriés.

First visit is to the NGO PGK Empowering Women and Children

L’ONUSIDA a fixé des objectifs intermédiaires à atteindre d’ici 2020 permettant à la communauté internationale de s’assurer que les efforts entrepris sont sur la bonne voie pour atteindre cet objectif. A cette date, il faudra que :

  • 90% des personnes vivant avec le VIH connaissent leur statut sérologique. A l’heure actuelle, 25% des personnes infectées par le virus ignorent qu’elles le sont.
  • 90% de toutes les personnes dépistées séropositives au VIH reçoivent un traitement antirétroviral de façon durable, ce qui représenterait 30 millions de personnes sous traitement d’ici 2020. Actuellement, 21,7 millions de personnes infectées par le VIH bénéficient d’un traitement antirétroviral approprié, soit les 3/5 des personnes qui en ont besoin.
  • La charge virale de 90% des personnes sous traitement antirétroviral soit durablement supprimée réduisant ainsi à zéro le risque de la transmission du virus. En 2017 seulement 81% des personnes sous traitement bénéficiaient d’une mesure de la charge virale et avaient une charge virale indétectable.

En 2017, 1,8 million de personnes ont été nouvellement contaminées par le VIH. Ce nombre de nouvelles contaminations est le plus bas enregistré depuis les années 90. Si l’évolution du nombre total de nouvelles contaminations est encourageante, la prévention reste toutefois un défi majeur notamment dans les régions où l’épidémie continue de croître de façon dramatique comme en Europe Centrale et de l’Est, ou lorsque l’épidémie se concentre sur certaines populations qui sont limitées dans leur accès au système de santé comme les personnes ou groupes en situation de vulnérabilité ou marginalisés.

L’objectif de la Déclaration politique des Nations Unies de 2016 d’enregistrer moins de 500 000 infections en 2020 pour être sur la voie de la fin du sida, est aujourd’hui loin d’être atteint.

Plusieurs méthodes et interventions concourent à réduire la transmission du virus HIV : l’utilisation de préservatifs masculins et féminins, l’administration de médicaments antirétroviraux à titre de prophylaxie préexposition (PrEP), la circoncision masculine médicale volontaire, l’emploi d’aiguilles et de seringues propres, le traitement substitutif aux opiacés (méthadone par exemple) et le traitement des personnes vivant avec le VIH dans le but de réduire la charge virale et de prévenir la transmission ultérieure du virus ou encore le traitement de la femme enceinte pour prévenir la transmission du virus HIV de la mère à l’enfant.

Condoms, Awareness, Treatment: Fighting HIV in Zambia PHOTO FROM THE FIELD (11 Nov 2016)

Les défis de l’accès à la prévention et aux traitements sont très étroitement liés à la question des droits humains et à celle de l’égalité de genre.

Dans bien des cas, les politiques répressives à l’encontre de groupes vulnérables (usagers de drogues, travailleurs et travailleuses du sexe, hommes ayant des relations avec les hommes, prisonniers …) écartent les personnes des centres d’informations et de soins, rendant ainsi extrêmement difficile la connaissance et la gestion de l’épidémie.

De même, les femmes, les adolescents en particulier les jeunes filles, et les enfants rencontrent encore très souvent d’importantes difficultés d’accès aux soins.

Conséquence des inégalités hommes-femmes toujours extrêmement importantes dans le monde, les femmes et les jeunes filles restent plus vulnérables aux risques de contamination par le VIH. D’après les chiffres de l’ONUSIDA, près de 60% des nouvelles contaminations chez l’adulte toucheraient les femmes. 6 600 jeunes femmes âgées de 15 à 24 ans sont nouvellement infectées chaque semaine. Confrontées à de très grandes difficultés pour accéder à l’information sur la sexualité et aux moyens de prévention, de nombreuses femmes et jeunes filles dans le monde ne peuvent toujours pas faire valoir leurs droits à la santé et exprimer leurs choix en termes de santé sexuelle et reproductive.

Depuis 2012, les dépenses mondiales de santé dédiées à la lutte contre le VIH/sida marquent le pas et atteignent environ 19 milliards de $ là où 26 milliards de $ seraient nécessaires pour espérer éliminer la maladie en tant que menace de santé publique. L’aide internationale apportée pour lutter contre cette maladie, d’un montant total de 9 milliards de dollars (44% de l’ensemble des ressources) a tendance à régresser et est tout juste compensée par la progression des financements nationaux, alors même qu’une augmentation globale des financements est indispensable pour éviter une reprise épidémique.

Sans une amélioration de l’accès à la prévention, au diagnostic et au traitement en particulier des populations en situation de vulnérabilité qui sont aujourd’hui au cœur de l’épidémie VIH, sans des investissements financiers supplémentaires pour atteindre ces populations, sans une approche innovante des questions de santé et de leur financement, sans une réflexion sur la nécessaire  adaptation de l’architecture mondiale en santé,  il sera impossible de contrôler durablement le cours de l’épidémie et d’éliminer tout risque de résurgence épidémique dans les années à venir.