La tuberculose est une maladie qui peut être traitée et guérie. Malgré des investissements importants qui ont conduit à une diminution du nombre de décès dus à l’épidémie parmi les personnes n’ayant pas le VIH de 27% depuis 2000, la tuberculose est restée en 2018 la maladie infectieuse la plus mortelle au monde avec 1,5 million de personnes qui en sont décédées et parmi elles 251 000 personnes vivant avec le VIH. Sur les 10 millions de personnes atteintes en 2018, 3 millions, soit environ 30%, ne sont toujours pas diagnostiquées et traitées.

Ambiya (15, Indonesia) Treated for MDR-TB At Persahabatan Hospital, Jakarta

La tuberculose multi-résistante (résistance à quatre traitements standards) et ultra-résistante (résistance aux traitements de première et de seconde ligne) connait une progression constante. En 2018 on estimait à près de 500 000 cas le nombre de personnes atteintes de tuberculose résistante, dont 78% étaient atteintes de tuberculose multi-résistante. 20% des cas n’auraient pas été diagnostiqués, notifiés et traités. La tuberculose résistante représente environ un tiers des formes de résistance antimicrobienne et seuls 50% des patients souffrant de tuberculose multirésistante sont traités avec succès.

Les personnes vivant avec le VIH sont beaucoup plus vulnérables au risque de contracter la tuberculose et les personnes sous traitement antirétroviral doivent souvent faire face aux conséquences d’interactions médicamenteuses néfastes pour les patients. En 2018 on estimait à 862 000 le nombre de cas de tuberculose chez des personnes vivant avec le VIH. Parmi elles, 56% ont été diagnostiqués.

Jadis appelée la “maladie du pauvre”, la tuberculose affecte le plus souvent les populations en situation de précarité et de vulnérabilité. Elle alimente le cycle « maladie – pauvreté » et la malnutrition ou de mauvaises conditions de vie, sont des facteurs favorisant l’apparition et à la propagation de la maladie. Elle est ainsi très fortement présente parmi les groupes de populations marginalisées et discriminées dont l’accès à l’information et au système de santé est entravé. Le rôle des communautés dans la prise en charge de la tuberculose est essentiel notamment dans l’approche par les droits humains et l’égalité de genre. De la même façon, le renforcement des systèmes de santé est un pilier essentiel de la réponse apportée au combat contre la tuberculose.

Progress in Viet Nam in the Fight against TB

La déclaration politique sur le combat contre la tuberculose, soutenue par les chefs d’Etat et de gouvernement lors de la réunion de haut niveau qui s’est tenue le 26 septembre 2018 à New-York, appelle à un engagement fort de la communauté internationale pour s’attaquer à l’ensemble des causes qui favorisent sa propagation et des freins qui limitent la résolution de cette menace de santé publique.

Ils appellent à la mobilisation financière de 13 milliards de dollars US nécessaires chaque année d’ici 2022 pour fournir les moyens de prévention, de diagnostic, de traitement et de soins de qualité. En 2019, les financements mondiaux disponibles pour la lutte contre la tuberculose ont atteint 6,8 milliards de dollars US, un peu plus de la moitié du financement nécessaire estimé dans la déclaration politique de septembre 2018. De même, il est urgent d’investir 2 milliards de dollars US chaque année dans la recherche et le développement afin de combler un manque de financement de 1,2 milliard de dollars US actuellement observé. C’est une priorité pour mener la lutte contre la tuberculose à son terme.

A ce jour, le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme achemine environ 65% des financements internationaux contre la tuberculose.