GENÈVE– Mark Dybul, le Directeur exécutif du Fonds mondial, et Julio Frenk, le doyen de la faculté de santé publique de Harvard, ont déclaré que l’heure était venue pour les puissances émergentes de prendre pleinement part au dialogue en matière de santé internationale, de manière à réfléchir à une nouvelle ère de partenariat fondée sur les principes du partage des responsabilités et d’une obligation mutuelle de rendre des comptes.

Dans une tribune publiée sur le Huffington Post, MM. Dybul et Frenk en appellent à la mise en place d’un nouveau cadre de développement regroupant tous les pays, riches et pauvres, de telle sorte que les puissances émergentes puissent mettre leur poids économique et politique grandissant, mais également leur expérience et leur savoir-faire technologique, au service d’une évolution positive du développement mondial.

« Les puissances émergentes sont bien placées pour faire considérablement évoluer les choses dans leurs régions respectives, ainsi qu’à l’échelle mondiale, écrivent ainsi MM. Dybul et Frenk. Elles doivent, autant que possible, veiller à ce que leur impact soit positif et utile à tous en aidant à mener et à soutenir des stratégies de croissance mondiale et régionale. »

En 2003, les dirigeants de la planète ont adopté le consensus de Monterrey – une étape charnière dans la façon d’appréhender le développement et les affaires internationales. Alors qu’approche l’échéance de 2015 fixée pour les objectifs du Millénaire pour le développement, les auteurs affirment qu’il est temps, désormais, d’adopter un « nouveau consensus de Monterrey qui définisse les principes et le cadre de participation des puissances émergentes dans le domaine du développement. »

Pour MM. Dybul et Frenk, les acteurs du développement doivent réfléchir à l’orientation que doivent prendre ses modèles et ses institutions pour tirer parti du potentiel qu’ont les puissances émergentes à exercer une influence positive tant à l’échelle régionale que mondiale et les encourager à le faire.

Les auteurs estiment que les puissances émergentes, plutôt que de se contenter de s’adapter aux modèles de développement en vigueur, pourraient créer leurs propres modèles, ce que la communauté internationale devrait saluer et soutenir. De l’avis de MM. Dybul et Frenk, cela permettrait de mieux correspondre au cadre fondamental de développement par un investissement conjoint avec les partenaires qui soutiennent les stratégies nationales, « au lieu de compliquer davantage un éventail déjà peu structuré d’organisations avec lesquelles les pays doivent travailler. »

« Il est important que les puissances émergentes ne répètent pas les erreurs du passé en reproduisant de nouvelles formes de paternalisme ou de néocolonialisme », indiquent-ils.

Pour MM. Dybul et Frenk, les puissances émergentes, qui ont profité de ressources multilatérales au cours des dernières décennies, devraient désormais envisager « d’étendre leurs investissements au travers de telles organisations, afin de participer pleinement au dialogue mondial et aux différentes démarches d’investissement. »

Les auteurs affirment que ce nouveau cadre de développement pourrait avoir pour principes la réaffirmation des notions de partage des responsabilités et d’obligation mutuelle de rendre des comptes ; la résolution de participer à la planification et au financement des priorités des pays à faible revenu et à revenu intermédiaire plutôt que de prendre des engagements parallèles ; le centrage des investissements à l’échelon mondial ou régional en qualité d’investisseurs aux côtés d’autres partenaires de développement dans le cadre des stratégies nationales ; l’échange de savoir-faire technique ; ainsi qu’un renforcement de la participation en tant que bailleur de fonds des organisations multilatérales qui reconnaissent l’importance des puissances émergentes dans leurs structures de gouvernance.

« Nous ne garantirons l’harmonie et la pérennité du monde après les objectifs du Millénaire pour le développement que si ces pays participent sans retenue à cette démarche et assument un rôle de chef de file », écrivent-ils.

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SETH FAISON
Head of Communications
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