Dans une lettre adressée aux parlementaires français ce 25 avril 2017, à l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le paludisme, les Amis du Fonds Mondial Europe rappellent l’importance d’accélérer la recherche et le développement pour combattre les résistances et mettre un terme au paludisme.

Grâce aux efforts et progrès incessants de la communauté internationale, de la société civile, des experts et des acteurs concernés depuis 2000 pour lutter contre le paludisme, le taux de mortalité a chuté mondialement de plus de 60% dans le monde et 17 pays ont éliminé la pandémie de leur territoire. Ce sont en tout 6,4 millions de morts et plus d’un milliard de cas qui ont été évités jusqu’à aujourd’hui. Mais la continuité de ces succès est fragile.

Malgré de remarquables résultats, le paludisme demeure une des maladies les plus meurtrières en Afrique sub-saharienne, notamment de l’ouest et du centre.

Bien qu’évitable, 3,2 milliards de personnes – soit près de la moitié de la population mondiale – sont actuellement exposées au risque de contracter le paludisme, 212 millions de personnes ont été infectées en 2015 et 429 000 malades en sont morts.

Nous disposons aujourd’hui de tous les moyens scientifiques et programmatiques pour combattre efficacement le paludisme. Toutefois, des risques de résistances menacent la pérennité des acquis et les progrès nécessaires pour éliminer la maladie d’ici à 2030 : émergence de résistances aux moyens de lutte anti vectorielle (moustiquaires imprégnées d’insecticide et pulvérisations d’insecticide intra domiciliaires) qui permettent de prévenir la maladie, émergence de résistances aux ACT, seuls médicaments disponibles pour traiter efficacement la maladie.

Soutenir la recherche et le développement est indispensable pour produire de nouveaux médicaments efficaces, pour trouver de nouveaux outils de lutte antivectorielle et de diagnostic, et pour développer la recherche vaccinale tout en continuant de mettre en place les programmes de lutte anti vectorielle existants.

Pour combattre efficacement et éliminer la maladie, les organisations internationales estiment que 6,4 milliards de dollars doivent être réunis chaque année d’ici à 2020. En dépit des efforts nationaux réalisés par les pays bénéficiaires pour combattre la maladie, le financement international de la lutte contre le paludisme, qui s’élève aujourd’hui à 2,9 milliards de dollars, est plus que jamais nécessaire pour soutenir les investissements financiers des pays notamment les moins avancés. A travers ses donateurs, le Fonds Mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, assure 50% du financement international de la lutte contre le paludisme et a investi plus de 8,3 milliards de dollars entre 2002 et 2015 dans la mise en place de programmes de sensibilisation, de prévention et de traitement de la maladie. Il collabore également avec d’autres institutions comme UNITAID qui développe la recherche et la mise à disposition d’outils innovants de lutte contre la pandémie.

La France, second donateur au Fonds mondial et premier contributeur à UNITAID occupe une place majeure dans la lutte contre ces pandémies. Elle doit renforcer ses efforts pour éliminer cette maladie d’ici 2030 comme s’y est engagée la communauté internationale en adoptant les Objectifs du Millénaire pour le Développement.

 

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