« Il est moralement insupportable et socialement inadmissible que des enfants soient atteints de tuberculose quand on sait que cette maladie peut être efficacement prévenue et traitée. Eliminer la tuberculose de l’enfant est une priorité de santé publique et le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme est le meilleur instrument que nous ayons pour cela. Toutes nos forces de conviction doivent être mises au service de ce combat et de l’accroissement des ressources du Fonds mondial » – Michèle Barzach, ancien Ministre français de la Santé.

Mettre fin à la tuberculose de l’enfant est non seulement une urgence de santé publique mais également le meilleur moyen d’améliorer le contrôle global de la maladie.

On estime qu’un million d’enfants de moins de 15 ans[1] contracte chaque année la tuberculose parmi les 9 millions de nouveaux cas observés dans le monde et qu’au moins un million d’enfants mourront de cette maladie au cours des cinq prochaines années[2]. Plus susceptibles à la tuberculose que les adultes, le risque que les enfants développent la maladie est accru dans un contexte de pauvreté où la malnutrition, les co-infections avec le VIH ou d’autres maladies immunodépressives si fréquentes dans les pays en développement, constituent des facteurs aggravants.

Les enfants, s’ils sont peu contagieux, présentent un risque élevé d’être infectés par des adultes au sein de leur famille ou de leur communauté, en particulier quand leur mère est elle même co-infectée par le VIH[3]. En améliorant la prise en charge globale des enfants dans leur famille en alliant prévention, diagnostic, traitement, information et éducation sanitaire, on contribue non seulement à la réduction de la mortalité infantile et à l’amélioration de l’état de santé des enfants mais on favorise un meilleur contrôle global de la maladie en population générale.

Il est crucial de déployer tous les efforts nécessaires pour développer les programmes de recherche spécifiques à la tuberculose de l’enfant afin de parvenir à son élimination : mise au point de nouveaux tests diagnostiques et de méthodes de laboratoires adaptés aux enfants, développement de nouveaux médicaments notamment de seconde ligne et de formulations pédiatriques, inclusion d’enfants dans les essais cliniques et thérapeutiques et prise en compte de la dimension pédiatrique dans tous les domaines de recherche des plus fondamentaux aux recherches en sciences sociales et en recherche opérationnelle, soutien au développement d’un nouveau vaccin efficace contre la tuberculose notamment pulmonaire, afin d’améliorer la protection des enfants de tous ages en particulier ceux co-infectés par le VIH/sida.

Nous savons comment prévenir et contrôler efficacement la tuberculose de l’enfant.

Il est crucial pour l’avenir de diffuser les bonnes pratiques qui permettent d’assurer un contrôle efficace de la maladie et de favoriser l’intégration de l’ensemble des problématiques liées à la tuberculose de l’enfant aux programmes nationaux de lutte contre la tuberculose, contre le VIH/sida et aux programmes relatifs à la santé de la mère et de l’enfant.

Pour cela, la communauté internationale doit poursuivre ses investissements financiers dans le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme.

83% des financements internationaux accordés aux pays les plus pauvres pour lutter contre la tuberculose proviennent du Fonds mondial. Pour certains pays comme le Burundi, la Sierra Leone, ces financements représentent la quasi-totalité des ressources consacrées à la lutte contre la tuberculose.

La frilosité de certains donateurs envers le Fonds mondial, la réduction de leurs contributions, les retards ou annulations de versement des contributions promises, ont engendré une stagnation des ses ressources financières et il n’est plus aujourd’hui en mesure de financer de nouveaux programmes.

La suspension de tout nouveau financement jusqu’en 2014 a un impact dramatique sur le cours des trois épidémies et notamment celui de la tuberculose. Selon une étude récente[4], l’arrêt des nouveaux financements octroyés par le Fonds mondial se traduirait par 3,4 millions de patients traités en moins au cours des 5 prochaines années, par 1,7 million de vies perdues et par l’émergence de résistances consécutives à des ruptures de traitement faute de financement.

Dès à présent, les gouvernements donateurs doivent se mobiliser pour accroître les ressources du Fonds mondial, soutenir les programmes de recherche sur la tuberculose de l’enfant, et combattre ainsi efficacement la tuberculose dans le monde.

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[1] Nelson, L.J. and C.D. Wells, Global Epidemiology of childhood tuberculosis. Int J Tuberc Lung Dis, 2004

[2] Partenariat Stop TB

[3] Questions Prioritaires de recherché sur la co-infection tuberculose/VIH dans les pays prévalents pour le VIH et disposant de ressources limitées, OMS 2010

[4] RESULTS – Contact Kolleen Bouchane, kbouchane@results.org and Mandy Slutsker mslutsker@results.org

 

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